FAMILLES
« Aussi loin que nous poussons nos investigations dans les archives communales et dans les registres paroissiaux, nous trouvons la plupart des familles actuelles :
Berger – Blanchut – Chambovey – Darbellay – Paccolat – Pochon – Rouiller – solidement implantées ici dans les anciennes juridictions des d’Arbignon. Les baptêmes de ces familles figurent sur les registres paroissiaux dès le début de la paroisse en 1723. Issues de parents qui étaient déjà sur les lieux, il paraît possible de trouver leur lointaine ascendance dans les registres de la paroisse de Saint-Maurice. En conséquence, nous pouvons conclure que ces familles ont pris racine à Collonges vers la fin du règne des d’Arbignon. Elles ont acquis leurs droits de propriété en succession de ces seigneuries foncières. Elles habitaient à Arbignon, à Plambouis, au Mont et vers la fin du XVII0 siècle, les premières maisons du village. La famille Berger par contre habitait « La Baudaz » près de Dorénaz.
Famille Jordan. – Originaire de Saint-Jean-d’Aulpstau, duché de Savoie. A la date du 3 août 1772, une première inscription de cette famille dans les registres paroissiaux. Elle s’est intégrée dans la corporation des communiers et acquit ses droits de communage.
Famille Nendaz. – Origine inconnue mais pourrait fort bien venir d’Hérémence où nous trouvons des Nendaz dans le registre des familles bourgeoises. Arrivée à Collonges vers le milieu du XVIIIe siècle comme l’atteste une inscription aux registres des baptêmes de la paroisse. Le 17 décembre 1770 a été baptisé Jean-François Nendaz, fils de Michel et Geneviève Blanchut. Jusqu’en 1871, date où elle a été reçue dans la bourgeoisie, cette famille vivait en marge de la communauté, et était considérée comme habitants perpétuels du lieu (apatrides). Nicolas et son frère Michel ont payé solidairement pour leur agrégation 600 francs. Toute la descendance actuelle des Nendaz est issue de Nicolas et son épouse Geneviève Blanchut.
Famille Claivaz: – Le 1er décembre 1785, les délégués des communiers de Collonges agrègent Maurice-Joseph Claivaz de la Combaz en Salvan, au lieu dit « Bognion » pour communier en la haute montagne d’Arbignon, lieu dit « Chereseula » pour le prix de 400 florins. On attribue aux Claivaz la construction de gros murs en maçonnerie sèche, dite cyclopéenne, d’une solidité à toute épreuve. On en trouve encore de nos jours des spécimens, en soutènement du dévaloir de l’Aboyeu et au Mont.
Famille Pelloux. – Elle a pris racine ici vers la fin du XVIIIe siècle, venant de Saint-Maurice où les ancêtres étaient domiciliés. Louis-Etienne avait épousé en première noce Catherine Mudry de Saint-Maurice. Cette dernière avait hérité de sa mère, ressortissante Blanchut de Plambouis, la propriété actuelle de la famille, bâtiment et verger. Tout comme la famille Nendaz, les Pelloux acquirent leurs droits de bourgeoisie en 1871. Jean-Jacques, sa sœur Marie, son frère Jean-Joseph (ces deux derniers sous tutelle) payèrent solidairement pour leur agrégation 400 fr., un autre frère Louis, pour sa part 100 fr. Il y eut bien des tergiversations au sujet de l’agrégation de cette famille. En 1826, déjà, Louis-Hyacinthe avait été agrégé dans les communiers, sur les instances de son père Louis-Etienne, pour le prix de 736 fr. N’ayant pu payer cette somme, il fut poursuivi. Le père Louis-Etienne ne s’est pas laissé intimider, il prit une consultation juridique et eut raison. La famille Pelloux n’ayant pas acquis la nationalité valaisanne, cette agrégation fut reconnue fausse et non avenue par le châtelain Biolay de Saint-Maurice, en vertu de l’art. 6 de la Constitution de la république et canton du Valais. Par conséquent, Louis-Hyacinthe, ses fils Jean-Jacques, Jean-Joseph, Louis ainsi que sa fille Marie furent considérés comme habitants perpétuels du lieu (apatrides). Toute la descendance actuelle des Pelloux est issue de Jean-Jacques et son épouse Appoline Jordan.
La famille Pelloux est vraisemblablement d’origine savoyarde, si l’on fait état des relations en 1819 de l’ancêtre Louis-Etienne et d’une dame Marie-Maryse Pelloux (probablement une ancêtre de la famille) à Sallanches, et à propos de l’achat d’une chaudière et d’un bassin.
Famille Tacchini. – Le 15 février 1857, l’assemblée bourgeoisiale de Collonges reçoit le citoyen Cyprien Perelli, maître menuisier à Vignone au Piémont, pour le prix de 1159 fr. 42 et 2 setiers de vin aux bourgeois. Mais il s’agissait en fait de Marc Tacchini de Valbrona, province de Côme, qui était arrivé ici avec les papiers de légitimation du camarade militaire Perelli. Tacchini avait déserté l’armée autrichienne où il était incorporé durant les guerres d’indépendance d’Italie, 1840- 1848. A l’époque l’armée autrichienne occupait le Piémont et la Lombardie, et plutôt que de lever ses armes contre ses compatriotes, Tacchini préféra déserter au péril de sa vie.
Un certain nombre d’autres familles, disparues ou éteintes, ont également fait partie de la corporation des communiers, les unes durant plus d’un siècle comme l’attestent nos archives communales. Fin XVIe et XVII0 siècles, nous trouvons des familles Oyon ou Oyen, Genevat, Amissant, Genin, Landry, Rovèchoz, Pernier, Giroud, Barmen, etc. Le 30 janvier 1679, on recevait Georges Catellani de Saint-Maurice, notaire et syndic. Le 28 novembre 1773, noble François-Joseph Preux, banneret, consul d’Agaune, moyennant 4 louis d’or, 4 setiers de vin, un batz de pain et une demi-livre de fromage à chaque communier. (Ne s’agirait-il pas ici des ancêtres du grand châtelain de Preux qui avait sa ferme aux Oufettes ?)
Un certain nombre de ces familles ont essaimé par la suite et ont fait souche ailleurs. D’autres ont fini leurs jours en terre étrangère. Vers 1850, la population locale trop nombreuse (plus de 400 habitants) ne pouvait vivre sur quelques lopins de terre, aussi les autorités de l’époque comprirent heureusement cette situation et versèrent de substantiels secours pour favoriser l’émigration.
Il serait souhaitable qu’un jour, une généreuse initiative réunisse sur la terre ancestrale tous ces frères combourgeois d’ici et d’ailleurs, en une joyeuse fête de retrouvailles.
A Dorénaz, juridiction des Wichardy et de l’Hospice de Saint-Jacques, les familles Biollay, Lombard, Paccolat, Rouiller, Saillen, Veuthey sont toutes aussi anciennes et tout comme à Collonges ont conquis leurs droits de communage à la chute des juridictions foncières. La famille Ballay est originaire de Bourg-Saint-Pierre ; elle est arrivée à Dorénaz vers 1800. La famille Jordan est inscrite dans les registres paroissiaux durant la première moitié du XVIIIe siècle. La famille Délez (Alexis Délez) a acquis ses droits de communage le 6 décembre 1772. Le 25 août 1771, Pierre-François Duboin a été reçu en qualité de communier (ne s’agirait-t-il pas ici de Dubois, ortographié différemment?). Le 18 août 1647 à Outre-Rhône, sur le chemin public vers Dorénaz, les gens de Dorénaz et d’Alesses reçoivent Pierre-Maurice et François Guez de Miéville à titre de communiers moyennant 300 florins et 3 setiers de vin. En 1795, nous trouvons une agrégation Pousselin ou Gousselin sans savoir si c’est à Dorénaz ou à Collonges. Enfin nous trouvons également une famille Bochatey à Dorénaz dès le début du XVIIIe siècle sans savoir si elle faisait partie de la corporation des communiers. »
(extrait du livre COLLONGES à travers son histoire)
